Protection des sangliers face à la maladie d’Aujeszky : Un défi pour les éleveurs

La maladie d’Aujeszky, également appelée « pseudo-rage », est un véritable casse-tête pour les éleveurs de sangliers, surtout quand la santé de leurs animaux est en jeu. Transmise par les sangliers et les porcs, cette pathologie mortelle pose un risque sérieux, notamment pour nos amis à quatre pattes, les chiens de chasse, qui n’ont aucune chance de survie s’ils s’aventurent à mordre un suidé contaminé. À Saint-Lary, dans le Gers, un éleveur, Philippe Badbadian, œuvre sans relâche pour écarter cette menace de son élevage.

Une caverne d’Ali Baba… et de risques

Dans le congélateur de Philippe, les saucisses fraîchement préparées rivalisent avec les jambons suspendus, tout en se disputant l’espace avec les cochons sauvages qui se retrouvent dans son enclos chaque soir. Mais cette tranquillité apparente pourrait s’évaporer du jour au lendemain. Le spectre de la maladie d’Aujeszky hante l’élevage, alors que Philippe, éleveur depuis 36 ans, mène sa barque en évitant les pièges tendus par ce virus.

Une menace omniprésente

Bien que non transmissible à l’homme, la maladie d’Aujeszky peut avoir des conséquences désastreuses sur les chiens de chasse. Philippe s’inquiète de voir ses sangliers entrer en contact avec des sangliers sauvages porteurs du virus : « Ici, ils naissent sur l’élevage, je les élève et, au bout d’un an, je les vends pour qu’ils entraînent les chiens de chasse. » Avec des cas répertoriés dans la région il y a deux ans, le risque est bien réel, mais heureusement, pas de flambée épidémique à signaler… pour l’instant.

Des mesures rigoureuses en place

La vigilance est donc primordiale. L’éleveur a mis en place diverses mesures pour maintenir ses sangliers à l’écart des suidés sauvages. Sa clôture impressionnante d’1,80 mètre, renforcée par un système électrique, est un bon début. Chaque deux jours, il effectue une ronde sur les 900 mètres de grillage qui le sépare de la nature indomptée. Des caméras installées autour de son parc l’aident aussi à surveiller toute intrusion soudaine.

La chasse en tas de problèmes

Le problème s’aggrave avec la surpopulation des sangliers en France. Avec seulement 24 lieutenants de louveterie chargés de réguler leur nombre dans le Gers, Philippe souligne l’insuffisance des moyens : « Ils peuvent parcourir des dizaines de kilomètres pour tirer un seul sanglier, ce n’est vraiment pas normal. » Il propose donc une initiative pour rehausser l’efficacité de la lutte contre les sangliers sauvages, suggérant que chaque société de chasse du département forme deux chasseurs pour avoir un pouvoir similaire aux louvetiers. Une idée simple, mais qui pourrait changer la donne.

Une filière dédiée au grand gibier ?

En plus de ces propositions, Philippe Badbadian souhaite établir une filière dédiée à la gestion du grand gibier. Avec les quantités considérables prélevées chaque année, l’éleveur prône une valorisation de la venaison issue de la chasse française, mettant ainsi fin à l’importation de viande étrangère. Selon lui, plus de sangliers pourraient être prélevés si les chasseurs ne s’arrêtaient pas dès que leurs congélateurs étaient pleins.

Ainsi, à travers ces anecdotes, mesures, et réflexions, Philippe Badbadian montre comment la passion pour l’élevage et la chasse peut être teintée de prudence et de responsabilité. La santé de ses animaux et la sécurité des chiens de chasse en dépendent. Actuchassse pour Caninstore

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