Des ours des Apennins : une sagesse génétique révélée

Pourquoi les ours italiens des Apennins sont-ils moins agressifs que leurs congénères européens ou nord-américains ? Une étude récente met en lumière une preuve intrigante : la sélection génétique résultant de leur cohabitation avec les humains. Les ours bruns japonais, souvent frappés par des comportements agressifs, et ceux d’Europe centrale qui posent aussi des problèmes de sécurité, contrastent avec l’image « cool » des ours des Apennins. En effet, cette région abrite une sous-espèce unique, l’Ursus arctos marsicanus, qui semble avoir évolué de manière distincte, les rendant moins enclins à l’agressivité.

Un contexte de vie particulier

Les ours des Apennins, aujourd’hui limités à une cinquantaine d’individus, ont vécu près des humains dans un territoire défriché par l’agriculture et l’urbanisation. Tandis que les ours du Trentin, par exemple, ont été réintroduits depuis la Slovaquie et affichent des comportements plus agressifs, les ours des Apennins ont su développer une coexistence plus paisible. Cette recherche scientifique explore comment l’isolement géographique et la pression humaine ont modelé le comportement de cette espèce.

Données scientifiques et découvertes marquantes

Les chercheurs ont entrepris de séquencer et d’analyser le génome complet de divers ours des Apennins, en comparaison avec ceux d’Europe centrale et d’Amérique du Nord. Ils ont découvert que cet ours unique présente un niveau de consanguinité élevé et une diversité génétique faible, ayant vécu une isolement durant plus de 1 500 ans.

Plus intéressant encore, l’étude révèle que certaines régions du génome ont montré une adaptation essentielle, avec plusieurs centaines de gènes ayant évolué différemment. Parmi ceux-ci, dix-sept gènes sont associés aux comportements comportementaux, notamment la régulation du système nerveux et la gestion des émotions, lesquels influencent directement leur agressivité.

Une cohabitation influencée par l’homme

Les chercheurs ont élaboré deux théories : la dérive génétique habituelle dans les petites populations ou une sélection active opérée par l’homme. Les résultats penchent vers la seconde hypothèse; les ours plus agressifs ou intrépides ont été éliminés au fil du temps, soit par la chasse ou par des conflits, laissant la place à des individus plus dociles.

Equilibre précaire et préoccupations pour l’avenir

Bien que cette évolution ait permis une coexistence harmonieuse avec les humains, la population d’ours des Apennins reste fragile, avec un capital génétique restreint et une vulnérabilité aux mutations néfastes. Tout plan de conservation, comprenant des réintroductions, doit être envisagé avec précaution pour éviter de rompre cet équilibre précieux.

À travers cette étude, l’ours des Apennins offre un aperçu fascinant de l’interaction naturelle entre espèces et humains, démontrant comment l’évolution peut répondre à des défis environnementaux uniques.

Actuchassse pour Caninstore

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