Sangliers : Un piège illégal au cœur d’un conflit agricole en Ardèche

En Ardèche, le débat autour des méthodes de gestion des sangliers prend une tournure inattendue. Récemment, une agricultrice a été condamnée pour avoir piégé illégalement quatre sangliers sur sa propre exploitation. La sentence ? Une amende de 1 163 euros, prononcée le 21 janvier 2026 par le tribunal d’Aubenas. La raison de cette discorde ? La commune de Beaumont, dont elle est maire, ne figure pas parmi les 55 communes autorisées à pratiquer le piégeage des sangliers dans le département.

Agnès Audibert, la protagoniste de cette affaire, ne cache pas son désarroi : « Je savais que c’était interdit, mais sur le moment, je n’ai pas trouvé d’autres moyens pour protéger ma récolte. » La situation semble d’autant plus injuste pour elle qu’elle souffre de pertes significatives sur ses châtaigniers précoces, qui sont particulièrement vulnérables à cette période de l’année où la faim des sangliers est pressante.

Alors que les dégâts causés par ces animaux étaient de plus en plus fréquents, Agnès a activé son piège en septembre 2024, mais s’est finalement fait prendre par l’OFB (Office français de la biodiversité). Les chasseurs locaux, partie civile lors du procès, ont commenté : « Nous n’en serions pas là si la commune de Beaumont avait été piégeable », souligne Nathan Crain, élu de la chambre d’agriculture de l’Ardèche.

Le climat se tend encore davantage lorsque l’on sait que la chambre d’agriculture ainsi que plusieurs syndicats agricoles plaident pour que le piégeage soit étendu à l’ensemble du département. Cependant, la fédération départementale des chasseurs (FDC) s’oppose fermement à cette demande, d’où la complexité de la situation.

Il est intéressant de noter qu’une semaine après la condamnation d’Agnès, la préfecture de l’Ardèche a annoncé l’extension du piégeage à 13 nouvelles communes, mais Marseille ne fait toujours pas partie de la liste. Face à cette décision, Agnès ironise : « Les montants d’indemnisation remboursés par la fédération des chasseurs ne sont sûrement pas assez importants. » Elle a d’ailleurs décidé de faire appel de la décision de justice.

Ce conflit entre agriculteurs et chasseurs reflète les tensions croissantes sur la gestion de la faune sauvage et les moyens de protéger les récoltes. Il reste à voir comment cette affaire évoluera et si cela amènera à des changements concrets dans les pratiques autorisées au niveau départemental.

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