
Haute-Vienne : Une saison de chasse marquée par des pertes record dues aux grands gibiers
Chaque année, les fédérations départementales de chasseurs se réunissent au printemps pour faire le bilan de la saison de chasse écoulée. Cette année, en Haute-Vienne, le constat est alarmant et souligne une situation préoccupante. Entre l’augmentation des dégâts agricoles causés par les sangliers et un déséquilibre financier grandissant, le système de chasse actuel montre des signes de fatigue, après plus de cinquante ans de service.
Une facture en constante augmentation
La saison 2024-2025 s’annonce comme un véritable tournant avec des indemnités dépassant les 600 000 euros pour les dégâts causés par le grand gibier. Si l’on inclut l’ensemble des espèces concernées, ce chiffre pourrait atteindre les 800 000 euros. Cette somme colossale pèse lourd sur une fédération départementale qui doit assumer seule ces charges financières. Plus de 600 dossiers de sinistres ont été traités cette saison, une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Ce phénomène entraîne un déficit structurel inquiétant, estimé à près d’un demi-million d’euros, mettant en péril les réserves de la fédération qui pourraient ne plus couvrir que deux exercices budgétaires.
Des sangliers toujours plus envahissants
Étonnamment, cette flambée des dégâts se produit alors même que les prélèvements nationaux de sangliers atteignent des records. En effet, près de 880 000 sangliers ont été abattus lors de la saison passée, un chiffre qui représente le double de celui d’il y a vingt ans. En Haute-Vienne, le nombre de sangliers prélevés a aussi considérablement augmenté, grimpant au-dessus de 6 000 individus par saison, contre environ 3 500 il y a quinze ans.
Cependant, malgré les efforts déployés par les chasseurs, plusieurs obstacles rendent cette tâche ardue. Les zones urbanisées, les espaces protégés et le refus de chasse sur certains territoires favorisent une tranquillité malheureuse pour les populations de gibiers. Par ailleurs, les sangliers continuent de trouver dans les cultures agricoles, notamment le maïs, une ressource alimentaire inépuisable, aggravant ainsi les dommages causés.
Un système d’indemnisation en difficulté
Mise en place en 1968, la structure actuelle attribue aux fédérations de chasseurs la responsabilité exclusive d’indemniser les dégâts causés par le grand gibier. À l’époque, ce modèle était adapté à des populations animales bien moins importantes. Aujourd’hui, les chasseurs dénoncent la disproportion des charges financières qui reposent uniquement sur eux. De plus, le déclin du nombre d’adhérents est frappant : d’environ 9 000 chasseurs en 2010, on n’en dénombre plus que 7 000 actuellement, soit une baisse de 22 à 25 % en l’espace de quinze ans.
La situation actuelle appelle donc à la réflexion sur le futur de la chasse en Haute-Vienne et dans toute la France, alors que les ressources et les moyens de gestion du grand gibier semblent de plus en plus inadaptés à la réalité d’aujourd’hui.
Actuchassse pour Caninstore
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