Un siècle de chasse dans le Gers : la lutte audacieuse contre les sangliers

La célébration du centenaire de la Fédération des chasseurs du Gers a été marquée par une initiative novatrice visant à apaiser les tensions au sein de la communauté cynégétique, tout en luttant contre la prolifération des sangliers. L’assemblée générale tenue à Nogaro a attiré près de 500 participants, témoignant de l’importance de ce rassemblement pour les chasseurs du département.

Sangliers : le principal sujet de préoccupation

Le sanglier, considéré comme l’ennemi numéro un des cultures agricoles, a longtemps provoqué des tensions au sein des sociétés de chasse et entre ces dernières et la fédération. Lors de l’assemblée, Jean-Paul Dupré, président de la fédération, a souligné que la question des dégâts causés par ces animaux était cruciale. Pour répondre à ce défi, une solution a été mise en place en collaboration avec le monde agricole.

Un système de réponse rapide innovant

Désormais, lorsqu’un dégât est signalé, une « fiche navette » est immédiatement envoyée au président de la société de chasse concernée ainsi qu’au lieutenant de louveterie du secteur. Cela permet aux agriculteurs, aux présidents de société et aux lieutenants de s’accorder rapidement sur une intervention, qu’il s’agisse d’une battue ou d’approches ciblées. Par exemple, à Valence-sur-Baïse, des chasseurs ont abattu une douzaine de sangliers en une seule soirée.

Les agriculteurs ont accepté une contrepartie astucieuse : le premier dégât sur les semis ne sera plus indemnisé si la fédération intervient rapidement. Ce changement a eu un impact direct sur les indemnisations, allégeant ainsi la pression financière sur les sociétés de chasse.

Un effort collectif qui porte ses fruits

Les résultats parlent d’eux-mêmes. Au cours de l’année cynégétique du 1er juin 2025 au 31 mars, 11 000 sangliers ont été prélevés par les sociétés de chasse du Gers, tandis que les lieutenants de louveterie ont abattu 1 400 animaux pendant les mois d’avril et mai 2025. Malgré cet effort significatif, Jean-Paul Dupré avertit que la population de sangliers reste élevée, et qu’une vigilance constante est cruciale pour maintenir le contrôle.

Revitalisation du petit gibier

Un autre axe de travail pour la fédération concerne le petit gibier. Auparavant limitée par une exigence de superficie minimale pour bénéficier d’aides, la politique a été assouplie. Désormais, les sociétés et les adhérents peuvent soumettre des projets pour obtenir des soutiens en fonction de leurs ambitions. Les territoires de chasse montrent un regain d’intérêt pour améliorer les conditions pour le petit gibier, indicatif d’un bouillonnement d’idées et d’initiatives nouvelles.

Une chasse adaptative pour un avenir durable

La chasse doit également s’adapter aux enjeux modernes. Un modèle de chasse « adaptative » a été introduit, nécessitant d’évaluer les populations de gibier avant l’ouverture des saisons de chasse. Par exemple, le quota de prélèvement de la caille est maintenant déterminé selon les effectifs observés via des applications numériques. La fédération s’engage à accompagner les chasseurs moins familiers avec ces nouvelles technologies pour assurer leur intégration.

À un siècle d’existence, la chasse gersoise se réinvente avec pragmatisme et en tenant compte des exigences environnementales et de la cohésion des acteurs. Le dialogue renouvelé entre agriculteurs et chasseurs, couplé à des innovations, laisse présager un avenir prometteur pour la pratique de la chasse dans le Gers.

Actuchassse pour Caninstore. Pour en savoir plus, visitez notre site : Caninstore.

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