Aujeszky : Comprendre la maladie pour mieux protéger ses chiens

Les propriétaires de chiens de chasse sont en émoi face à la menace de la maladie d’Aujeszky. Cette préoccupation légitime découle des craintes selon lesquelles les instances responsables négligeraient la question. Mais qu’en est-il vraiment ? La maladie d’Aujeszky est souvent associée à une mortalité élevée des chiens, bien qu’elle soit moins meurtrière que des infections telles que la parvovirose ou la piroplasmose. Néanmoins, sa gravité ne doit pas être sous-estimée. Voici un état des lieux concernant cette triste affliction.

État des connaissances sur la maladie d’Aujeszky

Malgré son ancienneté, la recherche a longtemps été centrée sur les porcs domestiques, les principaux affectés. Ce n’est que récemment que l’attention s’est portée sur les sangliers et, par extension, sur les chiens. Ce virus herpès semble se propager majoritairement sans conséquence visible chez les sangliers adultes, qui peuvent être porteurs sains. Cependant, la mortalité chez les jeunes porcs peut atteindre 100 % dans les deux premières semaines de leur vie, incitant à la mise au point de plusieurs vaccins et plaçant la France au rang « indemne de la maladie en élevage » depuis 2008.

Transmission du virus : quel est le risque pour les carnivores ?

La complexité de la transmission du virus chez les carnivores reste un sujet de recherche immense. Actuellement, on estime que 20 à 40 % des sangliers dans les zones touchées sont porteurs du virus. Cependant, la proportion d’animaux excréteurs reste faible et mal documentée, rendant difficile une évaluation précise du risque.

Mesures de précaution pour protéger vos chiens

Face à ces incertitudes, la prudence est de mise. La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) a mis en œuvre des actions de sensibilisation pour informer les chasseurs sur les précautions à prendre. Il est conseillé, par exemple, de ne pas mettre le sanglier dans le coffre avec les chiens et de l’envelopper dans une couverture de survie pour réduire les risques de morsures. Évitez également de nourrir vos compagnons canins avec de la viande de sanglier.

La vaccination : un domaine en évolution

Actuellement, le seul vaccin disponible, destiné aux porcs, n’est plus commercialisé en France. Bien qu’il ait été utilisé par certains éleveurs de manière inappropriée, il est crucial de ne pas utiliser de vaccins vivant atténués sur les chiens, car cela pourrait leur être fatal. Le seul protocole en cours nécessite l’utilisation du vaccin AUSKIPRA BK, dont l’acquisition se fait via un laboratoire sous autorisation temporaire d’utilisation. Bien que des effets secondaires graves n’aient pas été observés jusqu’à présent, ce protocole doit encore être affiné pour maximiser son efficacité.

Que faire en cas d’infection suspectée ?

Les signes d’infection chez un chien incluent des démangeaisons intenses, surtout autour du point d’entrée du virus, généralement au niveau de la tête. La maladie est souvent confondue avec la rage, d’où son surnom de « pseudo rage ». Pour confirmer un diagnostic, il est impératif de consulter un vétérinaire, qui peut recommander l’envoi d’échantillons au prestigieux institut Pasteur pour analyse.

C’est un vrai parcours semé d’embûches pour les chasseurs, dont la FNC milite pour que les frais liés à ces recherches soient pris en charge par les autorités. Pour renforcer la protection de vos compagnons à quatre pattes, restez informé et préparé.

Actuchassse pour Caninstore

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