Vers une population de 400 ours en France d’ici 2040

Les Pyrénées seraient-elles sur le point d’accueillir une population d’ours atteignant 400 individus d’ici 2040 ? C’est l’affirmation surprenante du président de l’association « Pays de l’Ours – Adet ». En effet, en 1992, seules 8 à 10 ourses peuplaient les Pyrénées occidentales. Grâce aux efforts de réintroduction menés depuis, la France observe une dynamique de croissance significative.

Retour sur l’histoire de la réintroduction

La première étape a eu lieu entre 1996 et 1997, lorsque trois ours ont été relâchés dans les Pyrénées centrales. Dès l’année suivante, deux portées ont été observées avec 2 et 3 oursons respectivement. Une seconde réintroduction a eu lieu en 2006 avec cinq ours supplémentaires. Actuellement, la France compte environ 130 ours, résultat d’un taux d’accroissement annuel moyen estimé à 11,53 % entre 2006 et 2024.

Les préoccupations des éleveurs et des randonneurs

Avec cette population encore « modeste » de 130 ours, les défis ne manquent pas. Les éleveurs se plaignent de pertes, tandis que les rencontres entre humains et ours se multiplient. Récemment, un ours a même traversé une piste de ski, provoquant un émoi chez les vacanciers. Les défenseurs des ours insistent sur le fait que ces animaux ne sont pas agressifs envers les humains, mais cette affirmation est mise à mal par des incidents tragiques, tels que la mort du joggeur italien Andréa Papi en 2023.

Une prévision ambitieuse

Comment justifier cette projection de 400 ours d’ici 2040 ? Alain Reynes, directeur de l’association, souligne que l’on a actuellement détecté au moins 108 ours différents et estime qu’il en existe en réalité entre 120 et 130 individus. Selon lui, la population devrait continuer à croître jusqu’à atteindre un plateau de 400 à 500 ours, une estimation fondée sur ce qu’on appelle la « capacité de charge ».

Les enjeux de la diversité génétique

Cependant, un problème persistant demeure : la consanguinité. Ce phénomène pourrait engendrer des vulnérabilités face aux maladies et réduire la capacité de reproduction. La saison 2024 a cependant été encourageante, avec 24 oursons nés et un taux de survie exceptionnel de 91,7 %.

Les attentes pour 2028

Les discussions sur la consanguinité semblent aussi une tactique pour anticiper la politique gouvernementale concernant l’ours. Un nouvel agenda doit être établi en 2028, avec un plan d’action renouvelé. Les défenseurs de l’ours préconisent déjà la mise en place d’un nouveau plan national, incluant la réintroduction de 30 ours dans les Pyrénées d’ici 2040, afin de favoriser la diversité génétique.

Comparaison internationale

Pour mettre les choses en perspective, la Roumanie abrite actuellement une population d’environ 14 000 ours, suivie par la Suède avec 2 400 ours et la Finlande avec 2 300. D’autres pays, comme la Slovaquie et la Slovénie, comptent également plusieurs centaines d’ours, tandis que certains sont considérés comme ayant des populations fragiles, inférieures à 400 individus.

La gestion de l’ours dans les Pyrénées s’annonce complexe et sujette à de nombreux enjeux. Le temps nous dira si ces ambitions audacieuses seront atteintes.

Actuchasse pour Caninstore

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