ASPAS réclame l’arrêt de la chasse au chamois dans le Doubs

En début février, la délégation du Doubs de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) a lancé un appel pressant pour mettre fin à la chasse du chamois. Cette initiative n’est pas passée inaperçue, provoquant la réaction immédiate de la Direction départementale des territoires (DDT) qui défend sa position sur la régulation de l’espèce.

Jean Chapuis, délégué départemental de l’ASPAS, a exprimé son mécontentement concernant la rareté des chamois observés dans la région. Selon lui, la population de ces caprinés est en déclin, une situation qu’il attribue aux prélèvements excessifs prévus dans le cadre du plan de gestion cynégétique. Dans un post Facebook daté du 1er février, il a clairement exprimé son désaccord : « Il n’y a aucun intérêt à tuer des chamois ».

La frustration de Chapuis est palpable. « C’est scandaleux de se dire qu’on chasse encore des chamois dans le Doubs », a-t-il déclaré en critiquant la gestion de l’espèce par les autorités locales. D’après les chiffres fournis par l’ASPAS, il resterait entre 1 000 et 1 500 chamois dans le Doubs, et le quota d’abattage pour la saison 2025-2026 est d’entre 200 et 450 individus. Il estime que 300 chamois ont probablement déjà été abattus cette saison, tandis que 366 l’avaient été l’année précédente.

Chapuis fait également valoir que les chamois ne causent pas de dégâts significatifs à l’environnement. Pour lui, leur chasse est devenue une simple activité de loisir pour une minorité, soutenue par un lobby qui justifie sa nécessité par des arguments douteux de régulation. « C’est complètement démesuré », ajoute-t-il. Il conteste aussi l’idée que les chamois doivent être régulés, précisant que des prédateurs naturels comme le lynx et le loup jouent déjà ce rôle.

En effet, l’ASPAS indique que 2 400 chamois ont été tués dans le Doubs au cours des cinq dernières années, entraînant une diminution de 50 % de leurs effectifs. Plusieurs études, dont celles réalisées par la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage, confirment la baisse des populations de chamois et soutiennent l’idée de réduire encore les quotas de prélèvement.

Cette situation soulève une question cruciale : quels sont donc les véritables motifs qui justifient la chasse aux chamois en France ? Benoît Fabbri, directeur départemental des territoires, évoque que la chasse est permise par l’État. Au regard de la législation, le chamois est classé parmi les espèces de gibier pour lesquelles la chasse est réglementée. Toutefois, Fabbri reconnaît que cette situation ne fait pas l’unanimité, notamment auprès de l’ASPAS, qui continue de s’opposer à cette pratique.

Malgré tout, il souligne que le chamois n’est pas considéré comme une espèce menacée. En fait, il est classé en « préoccupation mineure » sur la liste rouge des mammifères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La DDT a d’ailleurs observé qu’après une présence essentiellement absente jusqu’en 1970, l’aire de présence des chamois a considérablement augmenté depuis cette date, bien que des signes d’un déclin apparaissent à nouveau ces dernières années.

En conclusion, la bataille entre défenseurs de la faune et partisans de la chasse continue de faire rage. Dans un contexte où le dérèglement climatique et ses impacts sur l’écosystème sont de plus en plus préoccupants, espérons que chaque partie puisse trouver un terrain d’entente. Car, après tout, la conservation de la biodiversité devrait être une priorité pour tous.

Actuchassse pour Caninstore

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