La domestication du lapin : Une histoire de millénaires

Chronique d’un apprivoisement échelonné

Le lapin, cet animal à grandes oreilles et à l’allure vive, est à l’origine de la domestication qui a fait de lui un compagnon placide. Mais en réalité, ce processus d’apprivoisement et de sélection remonte à des siècles, voire des millénaires. Experts et passionnés se penchent alors sur cette captivante question : quand un simple lapin sauvage est-il devenu notre petit animal de compagnie ?

Des recherches archéologiques aux révélations génétiques

Pour établir un calendrier de la domestication du lapin, plusieurs approches ont été adoptées. Tout d’abord, les documents historiques relatifs à l’élevage et à la consommation de cet animal ont été compilés. Ces premiers écrits datent du Ier siècle av. J.-C., moment où les lapins étaient élevés « en plein air » dans ce qu’on appelait des leporaria, ancêtres des garennes médiévales.

Ensuite, des fouilles archéologiques menées dans des régions comme la péninsule Ibérique et le sud-ouest de la France ont permis d’analyser des ossements pour mieux comprendre la répartition du lapin. Mais ce n’est pas tout : la génétique, plus récente, vient ajouter une couche de compréhension fascinante.

Les premières traces de consommation

Sur le plan de la consommation, il semble que les humains ont commencé à apprécier le goût du lapin il y a environ 10 000 ans. Ce plaisir gastronomique a traversé les âges, notamment durant le Moyen Âge où, selon des légendes discutables, le pape Grégoire le Grand aurait incité les chrétiens à consommer des fœtus de lapin pendant le carême. Une anecdote pour le moins piquante, mais dont l’authenticité est contestée par les spécialistes.

Une domestication aux multiples facettes

Le processus de domestication du lapin soulève des interrogations quant à la définition même du mot « domestication ». Pour certains, il s’agit simplement du premier cas d’élevage, tandis que d’autres y voient des modifications morphologiques ou la migration des animaux. En vérité, le lapin a prospéré dans divers environnements, élargissant son territoire sans nécessairement avoir besoin d’un humain pour l’y conduire.

Le cheminement des lapins vers nos foyers

Avec le temps, le lapin a su s’adapter à la vie humaine. Passé du statut de gibier prisé à celui d’animal domestique, il a parcouru un chemin jalonné d’élevages à ciel ouvert, d’accouplements surveillés, jusqu’à sa place actuelle dans nos maisons. En somme, sa domestication est un processus fascinant, complexe et multiséculaire.

Origine et adaptation

Les premiers lagomorphes, ancêtres des lapins et des lièvres, font leur apparition en Asie il y a plus de 55 millions d’années. Après avoir conquis ce continent, ils se déplacent vers l’Europe, mais une période de glaciation vient décimer leur population, laissant uniquement un noyau ibérique qui donnera naissance au lapin de garenne moderne.

La garenne : un assemblage idéal pour l’élevage

Le terme « garenne » est étroitement associé à l’élevage médiéval. Ces zones en réserve permettaient de créer un habitat favorable pour les lapins grâce à des aménagements comme des terriers artificiels et un apport alimentaire. Des lieux ouverts devenus progressivement plus clos, marquant une intensification de l’élevage.

Malgré son caractère sauvage, le lapin de garenne doit son nom à ces pratiques d’élevage. Notons toutefois que le « droit de garenne ouverte » a été aboli le 4 août 1789, mettant fin à un autre chapitre de la relation homme-lapin.

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