
Braconnage de chamois dans les Alpes-Maritimes : un élu condamné
Un incident fâcheux pour la faune et la loi
Le tribunal de police de Nice a récemment tranché un dossier particulièrement épineux : trois chasseurs, dont un adjoint au maire de Venanson, ont été condamnés pour braconnage de chamois dans les Alpes-Maritimes. Les faits remontent à l’automne 2023, lorsque l’Office français de la biodiversité (OFB) a découvert l’abattage illégal d’un chevreau de chamois femelle, âgé de quelques mois, lors d’une battue orchestrée dans un secteur protégé.
Les agents de l’OFB ont été alertés par un signalement et ont été confrontés à une situation qui serait plus dignes d’un western que de la réglementation cynégétique : un chevreau, pesant à peine neuf kilos, tué avec l’aide d’un chien, une pratique strictement prohibée. Pour corser le tout, un garde particulier a été impliqué dans cette affaire, violant ainsi les règles en vigueur.
Des actions répétées et planifiées
Mais ce n’était pas un incident isolé. Les investigations ont révélé que ces actions illégales avaient un caractère répétitif et organisé. En octobre 2024, les inspecteurs de l’environnement ont mis au jour une nouvelle battue illégale dans le secteur des Claps, où plusieurs chasseurs s’étaient postés à des endroits stratégiques pour bloquer les passages du gibier, toujours aidés par un chien. Des tirs nourris, entendus sur une longue période, ne faisaient que renforcer les soupçons de braconnage organisé.
Des sanctions jugées clémentes
Le 5 janvier 2026, le tribunal a tranché. Les peines, bien que conséquentes, ont suscité des réactions mitigées. Les condamnés ont écopé d’amendes variant de 300 à 500 euros, de suspensions de permis de chasser allant de trois mois à un an, ainsi que de la confiscation de l’arme utilisée. En outre, les juges ont constaté un préjudice moral et écologique, condamnant les chasseurs à verser plusieurs milliers d’euros de dommages-intérêts à des associations de protection animale telles qu’One Voice et l’Association Stéphane Lamart.
Malgré ces mesures, les associations environnementales ont exprimé leur frustration face à ce qu’elles jugent comme des sanctions insuffisantes. La dispense d’inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire a également été critiquée, considérée trop modérée pour des actions aussi graves, surtout quand elles sont perpétrées par des élus.
Alerte pour la biodiversité
Le préfet des Alpes-Maritimes n’a pas tardé à réagir en interdisant la chasse au chamois dans la commune pour la saison 2024-2025, évaluant que de telles pratiques compromettent l’état de conservation d’une espèce déjà vulnérable.
Cette affaire illustre les défis persistants du braconnage qui constitue une atteinte sérieuse à notre biodiversité, en particulier lorsque ceux qui en sont responsables occupent des postes d’autorité. Les organisations de protection de la faune sauvage continuent de plaider pour des sanctions plus strictes contre les infractions à la législation cynégétique.
Actuchassse pour Caninstore
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